« 4 octobre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16336, f. 11-12], transcr. Élise Capéran, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3400, page consultée le 09 mai 2026.
4 octobre [1838], jeudi après midi, 2 h.
Mon cher petit bien-aimé, vous me blaguez toujours et je n’aime pas ça. Au lieu de
me
plaindre quand je souffre, vous vous moquez de moi.
C’est très vilain et très
méchant, moi quand vous êtes malade ou que vous travaillez
je suis meilleure que ça pour vous, je ne me moque pas, je vous soigne. Je ne me fiche
pas de vous, je vous désire et je me résigne, voilà tout. Et puis je n’aime pas que
vous soyez un jour tout entier, seul, à Paris sans venir me voir une minute.
Je
vais vous surveiller, allez, et mon itinérairea va joliment me servir. Je ne dis pas quel jour pour que ce
soit plus traître. Papa est bien i mais je le surveille de près. Jour mon cher
petit o. J’ai mon rôle à copier, ce qui est très
long. C’est très fatiguant pour moi qui n’en ai pas l’habitude, mais c’est égal j’en
viendrai à ma fin, et si je ne le joue pas j’aurai du moins la consolation de l’avoir
copié, appris et étudié. QUEL BONHEUR !!!
Donnez votre vec, que je le baise et ne me faites pas enrager.
Juliette
a « initinéraire ».
« 4 octobre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16336, f. 13-14], transcr. Élise Capéran, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3400, page consultée le 09 mai 2026.
4 octobre [1838], jeudi soir, 6 h. ½
Comme la mère Pierceau n’est pas encore
arrivée, mon bien-aimé, je t’écris ta petite lettre quotidienne. Je voudrais que les
paroles noires que je mets sur ce papier deviennent quand tu les liras brillantes
et
toutes de feu comme mon amour.
Oh ! oui je t’aime mon Victor, je suis fière quand
je pense à cela. Il me semble que je suis quelque chose puisque tu daignes accepter
mon adoration de toute ma vie. Je t’aime, je t’aime, je t’aime !
J’ai oublié de
te faire décacheter une lettre qui est ici depuis tantôt. Quand tu viendras, il sera
toujours temps. Tâche seulement que ce soit très tôt, non pour la lettre mais pour
moi. Il paraît que la mère Pierceauen fait une de soignée de scène. Heureusement qu’elle a
affaire à un vieux cabotin qui saura lui donner la réplique. Pauvre femme, je la
plains dans l’âme. C’est si triste d’avoir à se plaindre de l’homme qu’on aime, même
quand c’est un [illis.].
Moi je t’adore. Je suis heureuse.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.
- Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
- MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
- 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
- MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
- 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
- 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
- 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.
